L' expo photo à La Julienne, mai 2013

L'exposition Photo, mise en place par GeTM est ce mois-ci à Plan-Les-Ouates

Un mot sur l'expo:

Ce printemps GeTM organise une exposition de photographies, prises par des adolescents et des jeunes adultes vivant à Bogota, Cotonou et Genève"Ville invisible Regards croisés, jeunes d'ici et d'ailleurs". Fin 2012, l'équipe de GeTM et ses partenaires en Colombie et au Bénin ont rencontré des groupes de jeunes de 15 à 25 ans pour leur demander de photographier leur ville selon leur perspective. Le projet était simple: "par mon regard sur la ville, c'est ma vie que j'exprime". GeTM a retenu les meilleurs clichés pour les exposer afin de créer un espace de paroles et de rencontres entre ces jeunes d'horizons différents.

L'exposition sert ici de moyen d'expression aux jeunes, à qui on donne d'ordinaire peu la paroles alors qu'ils ont aussi leurs mots à dire sur la problématique urbaine et les enjeux du "vivre ensemble". L' accès difficile au logement, le développement trop rapide des villes, les difficultés à cohabiter, la violence sociale et une certaine recherche de la quiétude dans un paysage qui n'y s'y prête pas aisément, ressortent des photos qu'elles aient été prises au Nord ou au Sud. Parce que les problèmes se ressemblent malgré des situations à premières vues diverses. C'est à ce dialogue de photos que vous invitent GeTM dans l'exposition "Ville invisible, regards croisés, jeunes d'ici et d'ailleurs"

Dialogue des images:
Pertnence des regards
Malgré le jeune âge de certains d'entre eux, tous ces photographes en herbe ont porté sur leur environnement naturel un regard qui privilégie tour à tour le rendu brut de la réalité ou une vision plus esthétisante, voire symbolique, du monde qui les entoure. Dans chaque image, un détail, la composition ou encore la signification globale sont autant d'éléments pertinents qui permettent d'aller au-delà de la simple représentation et de s'interroger sur divers aspects de la vie quotidienne dans ces trois villes. Il en résulte un ensemble varié mais unifié qui permet de mettre en résonance des images prises à des kilomètres de distance et de créer ainsi des ponts entre différentes sensibilités. Une certaine recherche de la quiétude par exemple, dans un environnement qui n'y s'y prête pas aisément, ressortent des photos qu'elles aient été prises au Nord ou au Sud


Cotonou: une réalités sans frioriture
Les neuf photos prises au Bénin montrent des instantanés de ce flux urbain continu de gens à pied ou à moto dans une ville où règne le chaos visuel: accumulation d'objets et de matériaux différents, réseau électrique anarchique (les «toiles d’araignée»), cohabitation entre précarité et modernisme tentaculaire. A la baraque en tôle se juxtaposent, de manière presque surréaliste, la mosquée très bien entretenue qui fait figure d'oasis au milieu du désert et des immeubles modernes. La végétation peu présente a laissé la place à la terre battue nue dégageant un nuage continu de poussière qui imprègne chaque image et en atténue les couleurs. Mais la vie (ou la survie) continue sans s’arrêter.


Bogota, l'importance de la métaphore
Chez les photographes colombiens présentés ici, le symbole permet de révéler une réalité souvent brutale par le biais du symbole. Une tache de peinture rouge sur l'armure d'un policier ou un barbelé au milieu des géraniums évoquent la violence tandis qu'un entrelacs de végétation masquant la propriété d'un privilégié rappelle que la barrière entre riches et pauvres est une réalité si étendue qu'elle en devient naturelle. Le gros plan sur l'abeille isolée en milieu urbain, peut se lire comme le symbole d'une écologie défaillante, tandis que que la moitié de bus transformé en habitation montre les différentes facettes du recyclage et la puissance de la nature sur la civilisation.


Genève: une ville en clair-obscur
A côté des couleurs éclatantes du luna-park de Plainpalais et des places de jeu – jouer fait partie des droits de l’enfant –, les images prises par les jeunes photographes genevois décrivent, dans un langage souvent esthétique, une réalité évidemment moins tragique. Ils ont mis en évidence le besoin de communauté, à travers la boîte d’échanges entre voisins, et le problème de la solitude, avec cette fenêtre restée éteinte au milieu des autres appartements éclairés, ou encore ce bracelet suspendu à un arbre. L'évocation de la voiture, autre problématique récurrente de la ville de Calvin, est donnée par des reflets à travers une vitre qui met en évidence la beauté du paysage admiré du côté du quartier des Nations Unies.